Revue de presse:Amazonie.Les femmes chamanes contre les labos

Lundi 20 Septembre 2010 à 08h38

Par Marie des neiges, dans les catégories : Art et culture, Biopiraterie, Revue de Presse

Extrait de l’article « Amazonie.Les femmes chamanes contre les labos », écrit par Emmanuelle Eyles et publié dans le numéro du mois d’octobre 2010 du magazine Marie Claire.


Nuria, de la tribu indienne Ashaninka, au Pérou, s’est lévée tôt pour faire la ceuillette de plantes, racines et graines nécessaires à la préparation de ses médicaments et produits de beauté. Elle tolère notre présence mais ne dit rien des feuilles qu’elle ramasse et fait disparaître prestement dans sa besace. Les Blancs, elle s’en méfie, même lorsqu’ils ne posent pas de questions sur ses connaissances. Nuria est « curandera », c’est-à-dire femme médecin. Alors qu’elle n’avait que 5 ans, sa grand-mère , elle-même curandera, a entrepris de la former aux pouvoirs des plantes. Ce matin, elle est accompagnée d’une jeune femme aux talents prometteurs : Kanita, fille de curandero, travaille en ville, à la chaîne dans une usine, pour gagner sa vie, mais dès qu’elle le peut elle se ressource dans la forêt. Toutes deux murmurent des paroles mystérieuses avant de couper tiges et racines.


« Il faut demander la permission à l’esprit mère de la plante avant de se servir, explique Nuria. Malheureusement, depuis vingt-cinq ans, la déforestation rend la ceuillette de plus en plus difficile, il faut aujourd’hui s’enfoncer très loin pour trouver certaines lianes. »


Elles s’arrêtent ensuite pour pique-niquer sous un « abuelo » (« grand-père » en espagnol, vieil arbre immense au tronc aussi large qu’une petite maison) et ne mangent qu’après avoir déposé en offrande un peu de leur nourriture entre les racines de « l’ancêtre ».


Nuria porte en elle une blessure dont elle parle avec réticence et colère. En 1998, le laboratoire de cosmétiques péruvien Santa Natura a envoyé des chimistes dans son village. Lorsque ceux-ci lui ont proposé de l’argent de poche en échange de la collecte de plantes et de racines, et le défraiement de ses déplacements et nuitées, Nuria s’est sentie flattée.


Pendant deux ans, elle a rapporté des échantillons de racines et révélé les secrets de sa grand-mère en échange de la promesse de sommes rondelettes. Et puis un jours, les chimistes ont disparu. Depuis, dès qu’un étudiant ou un botaniste pointe son nez dans le village, elle se mure en silence.[…]


Retrouvez la suite de l’article dans le numéro d’octobre 2010 de Marie Claire.


 



 




 



 



 





 


 


 

Mots-clés : peuples indigènes, femmes, savoirs traditionnels, biopiraterie

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