Nouvelle victoire contre la biopiraterie: le cas du Pélargonium!

Vendredi 05 Février 2010 à 14h24

Par Marie des Neiges , dans la catégorie : Biopiraterie

Le 26 janvier 2010, l’Office européen des brevets a décidé d’annuler le brevet détenu par la firme allemande Schwabe sur le Pélargonium du Cap.

Le Pélargonium est une plante reconnue pour ses propriétés antimicrobiennes et expectorantes, dont les racines et extraits sont utilisés de manière traditionnelle par des communautés autochtones d’Afrique du Sud, pour traiter la bronchite et diverses affections respiratoires.

Grâce à son médicament Umckaloabo®, élaboré à base de cette variété de géranium, la firme Schwabe avait engrangé des profits sans partager les dividendes avec les communautés locales en Afrique du Sud, comme le demande la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies.

 

Pélargonium Sidoides, source Wikipedia

 

Deux organisations, l’ACB en Afrique du Sud et la Déclaration de Berne en Suisse, se sont mobilisées pour s’opposer à ces brevets. En mai 2008, elles déposent un recours auprès du Bureau européen des brevets sur la base « d’une appropriation illégitime et illégale des ressources génétiques issues du savoir traditionnel et d’une opposition flagrante à la Convention sur la Biodiversité ».

Le brevet sur les méthodes d’extraction de la substance active du Pélargonium a été attaqué sur deux aspects : la non inventivité – il ne s’agit pas d’une découverte faite par Schwabe mais de techniques ancestrales locales déjà connues et largement décrites dans la littérature spécialisée - et le non partage des bénéfices issus de l’utilisation des ressources génétiques et de la commercialisation du produit naturel.

Le Collectif Biopiraterie a également médiatisé le cas en France, notamment lors des Premières rencontres internationales contre la biopiraterie de Juin 2009.

Après le retrait du brevet sur le Sacha Inchi par le laboratoire Greentech en 2009, également présenté lors du colloque international, il s’agit d’une autre grande victoire dans la lutte contre la biopiraterie dans le monde.

Ces succès mettent aussi en lumière les défaillances profondes du système juridique actuel en matière de droits des brevets. Un énorme travail reste à fournir afin de protéger et valoriser les savoirs traditionnels. Il devient aussi urgent de mettre en œuvre des alternatives afin de partager avec les communautés locales les bénéfices économiques générées par la vente des produits à base de plantes et élaborés grâce aux savoirs traditionnels.

Les alternatives existent déjà !

Aïny, par exemple, établit des partenariats avec les organisations autochtones et s’engage à reverser 4% de son chiffre d’affaires aux peuples du Pérou et d’Equateur comme droit d’utilisation de leurs savoirs traditionnels et à ne déposer aucun brevet lié aux plantes.

Un commerce véritablement équitable inclut aussi les principes de réciprocité et de respect des savoirs et connaissances d'autrui.

 

  

 

Source : Collectif Biopiraterie

Pour plus d’information : http://www.biopiraterie.org

 

 


 

Mots-clés : biopiraterie, savoirs traditionnels, brevets

Les commentaires :

  1. Vendredi 05 Février 10 à 15h18, par Joutard Geneviève
    Bravo pour cet article,clair et réconfortant qui ouvre des horizons un peu moins sombres pour cette nouvelle décennie.Merci à Marie des Neiges pour nous faire participer à cet événement et bon retour au Pérou

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