Biopiraterie et cosmétique: tendances et éthique

Vendredi 18 Juin 2010 à 01h30

Par Marie des Neiges, dans les catégories : Biopiraterie, Revue de Presse

Article de Sylvain-Romain COTTE publié sur le site L'observatoire des cosmétiques

C’est Daniel Joutard, Président et fondateur de la société Aïny - Savoirs des Peuples, qui est venu nous faire part de son expérience. Ce jeune entrepreneur possède déjà une belle connaissance en la matière pour avoir côtoyé des peuples autochtones en Équateur et au Pérou, et avoir développé avec eux des produits cosmétiques qui réunissent à la fois le meilleur des sciences traditionnelles et occidentales.

Les plantes sacrées et la magie des chamanes n’ont plus de secret pour lui !

La biodiversité est un véritable trésor de ressources naturelles. Elle est traditionnellement exploitée par les peuples autochtones, les chamanes et autres guérisseurs locaux, qui ont appris à utiliser les plantes qui les entourent et sont devenus de véritables experts de la nature ! C’est ce savoir qui intéresse fortement les industriels, car il leur permet d’accélérer leurs processus de recherche et développement en ciblant rapidement les plantes d’intérêts. Ces connaissances collectives sont en général transmises oralement par les autochtones mais rarement retranscrites par écrit, ce qui complique la détermination de leur véritable origine en cas de dépôt de brevet par une entreprise. C’est bien ce qui pose problème aujourd’hui : l’appropriation des savoirs ancestraux par des sociétés commerciales. 

En effet, si l’entreprise dépose un brevet s’inspirant de ces connaissances, elle crée un monopole et s’approprie ainsi l’intégralité des revenus économiques, sans en partager les bénéfices avec les premiers développeurs de ce savoir ! Nous ne connaissons pas l’ampleur du phénomène. Néanmoins, nous pouvons citer certains cas édifiants comme par exemple le Neem, un arbre très utilisé en Inde pour la fabrication d’huile, qui a vu son prix de vente multiplié par 10 après avoir été breveté ; ou encore l’exemple du Sacha Inchi, une plante grimpante cultivée depuis plus de 3000 ans par les populations d’Amazonie pour sa richesse en omégas 3. C’est un vrai choc des cultures : d’un côté, celle de nos sociétés occidentales basée sur l’individualisme, alors que l’autre repose sur le partage des connaissances !


Retrouvez la suite de l'article sur le site  http://www.observatoiredescosmetiques.com

 

 

Mot-clé : biopiraterie

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