Bienvenus ...en terre inconnue !

Jeudi 03 Décembre 2009 à 07h01

Par Marie des Neiges, dans la catégorie : Biodiversité

Après une dizaine de minutes de marche au pas de course, Walter, notre guide s’arrête et s’assoie sur une souche d’arbre. Plus un bruit. Il se met à prier en silence. Puis, Il prend un peu de terre argileuse de couleur rouge dans sa main et nous fait une marque sur le front.

Avec un grand sourire, il dit : « voilà la Terre vient de faire connaissance avec vous, vous pouvez entrer en toute tranquillité dans la forêt »

En toute tranquillité ! Quelle assurance …

La cime des arbres s’élève à plus de 30 mètres. La densité du feuillage crée une certaine obscurité où se dessinent des entrelats interminables de lianes. Ici le vert semble avoir gagné le contrat d’exclusivité sur toutes les autres couleurs. Au début l’œil peu entrainé ne distingue qu’un seul type de vert, puis de la même manière que les yeux peuvent s’habituer à l’obscurité, une palette infinie de verts se découvre.

 


 

La première sensation est celle d’être complètement seul dans ce décor incroyable. Pourtant ils sont là. Ils sont partout, mais restent invisibles. Il semble que le petit peuple de la forêt n’aime pas trop se montrer aux hommes (et ils ont ma foi bien raison).

Il y a ceux qui sont invisibles car ils vivent cachés dans les branches les plus hautes des arbres. Tôt le matin et en fin de journée toute fois, ils rappellent leur présence en chantant. Il existe un répertoire de chants et de sifflements aussi étendu que les 1800 espèces d’oiseaux que compte au Pérou (deuxième pays au monde pour la quantité d’espèces d’oiseaux).

Le soir, des chorales de batraciens les rejoignent pour une joyeuse cacophonie.

 

Il y a aussi ceux qui sont invisibles, où qui sont difficiles à voir, en raison de leur petite taille. Ce sont les rois du monde souterrain. On ne sait pas exactement combien ils sont. Les conditions difficiles de travail dans la jungle (chaleur, pluies torrentielle, lieux accidentés et très éloignés, etc.) et leur taille réduite rendent extrêmement difficile l’identification et le recensement des insectes. Pour vous donner une idée de l’ampleur de cette richesse entomologique, il existerait au Pérou plus de 21% des espèces de papillons de la planète. Je préfère aussi que les individus des 3000 espèces d’araignées (dont certaines sont mortelles) restent cachés le temps de notre visite dans leur demeure.

Il y a ceux aussi qui sont invisibles parce qu’ils ont fui. Certains ont même complètement disparut. Les mammifères sauvages ont besoin d’espace (et de tranquillité) pour pouvoir se reproduire et vivre. Le fort développement économique que le pays a connu ses dernières années a entrainé avec lui le développement des infrastructures routières. Des routes ont été construites permettant ainsi aux hommes de pénétrer dans des régions qui étaient jusque là isolées. Plus les hommes avancent dans la forêt, plus les animaux s’éloignent. Il faut souligner que le développement économique du Pérou est poussé principalement par l’extraction de matières premières telles que le bois, les minerais, le gaz et le pétrole. Ces activités d’extractions, qui sont le plus souvent illégales, modifient irrémédiablement les écosystèmes (destruction des habitats naturels, disparition des animaux, contamination de la terre et de l’eau, etc.). Les mammifères doivent donc migrer afin de pouvoir trouver de la nourriture, de l’espace et de la paix !

A suivre ...

 


 Crédit photos : MDN Vendeuvre

 

 

Mots-clés : forêt, jungle, biodiversité

Les commentaires :

  1. Vendredi 04 Décembre 09 à 21h36, par Prunel
    Toujours aussi agréable de te lire Marie... On s'y croirait. Merci pour ce petit voyage...

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