Revue de presse: Nagoya, la répartition des bénéfices de la biodiversité en question

Lundi 18 Octobre 2010 à 17h27

Par Marie des neiges, dans les catégories : Biodiversité, Revue de Presse

Article intitulé "En direct de Nagoya. la répartition des bénéfices de la biodiversité en question" publié le 18 octobre 2010 sur le site www.sciencesetavenir.fr

Le sommet international sur la biodiversité s’est ouvert dimanche 17 octobre à Nagoya, au Japon. Les représentants de 193 Etats sont réunis pour deux semaines. L’organisation d’un juste partage des ressources naturelles –pour éviter la "biopiraterie"- est l’un des épineux sujets de négociation de ce sommet.

La dixième «conférence des parties» (COP 10), la réunion des 193 Etats signataires de la Convention sur la diversité biologique, a débuté dimanche à Nagoya par une réunion à huis-clos des membres du G77. Les pays en développement s’organisent pour ce qui –officiellement- est l’ultime réunion avant adoption le 29 octobre d’un éventuel protocole sur «l’accès et partage des avantages» (APA) liés à l’exploitation des ressources génétiques. C’est en effet au sommet de la Terre de Johannesburg en 2002 que les Etats ont décidé que cette question qui divise le Nord et le Sud devait être tranchée à Nagoya. Peu de négociateurs pensent que le rendez-vous sera tenu. 

Cosmétique et pharmacie

En théorie pourtant, les pays du sud ont tout à gagner à un accord. Aujourd’hui, une multinationale de la cosmétique ou du médicament (deux secteurs qui représentent près des deux tiers des brevets issus de plantes ou d’animaux) n’est tenu à aucun retour financier quand il découvre et exploite une molécule provenant d’un pays tiers ou bien encore quand il tire profit d’un savoir traditionnel.

Dans le schéma privilégié par l’ONU, la découverte d’une propriété d’un organisme vivant devrait donner lieu à un contrat. Contre un consentement préalable donné en toute connaissance de cause, un pays, une communauté ou un peuple autochtone se verrait octroyer des «avantages» (qui peuvent être financiers ou pas) fournis par l’industriel. Pour la Convention sur la diversité biologique (CDB), on obtiendrait ainsi un accès facilité aux ressources génétiques car les bénéfices seraient équitablement partagés entre les utilisateurs et les fournisseurs.

Question d'argent

C’est évidemment la question de l’argent qui fâche. Et l’on retrouve à Nagoya, les mêmes difficultés que dans le protocole de Kyoto : quel financement pour le Sud? Le G77 n’a pas émis dimanche de communiqué final, vraisemblablement pour ne pas dévoiler son jeu. Ces pays attendent en tout cas un retour important, notamment au vu des énormes bénéfices que peuvent apporter un nouveau médicament ou une crème de soin pleine de succès. Les Etats industrialisés, eux, détiennent la technologie. Eux seuls savent chercher les gènes d’intérêt. Et ils entendent bien qu’on tienne compte des investissements procédés par leurs industriels. Il reste quinze jours pour conclure alors que cette question n’est pas résolue. 

La Convention sur la diversité biologique -l’un des traités adoptés au sommet de la Terre à Rio en 1992- doit par ailleurs accoucher d’un nouvel agenda pour stopper l’érosion de la biodiversité. Ce sera vraisemblablement 2020. L’échéance précédente était 2010 sans qu’il y ait eu d’effet pour la nature et ses habitants.

Auteur: Loïc Chauveau /Sciences et Avenir

Source: http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/nature-environnement/20101018.OBS1441/en-direct-de-nagoya-la-repartition-des-benefices-de-la-biodiversite-en-discussion.html

Mots-clés : biodiversité, savoirs traditionnels

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