Construire des alternatives à la biopiraterie

Mardi 15 Décembre 2009 à 21h51

Par Daniel Joutard, dans la catégorie : Biopiraterie

Le choix et l'utilisation d'une plante, dans un produit cosmétique, ne sont jamais le fruit du hazard.

Les peuples avec lesquels nous travaillons nous font connaître  les plantes qu'ils utilisent et nous renseignent sur leur usages  traditionnels. Ces connaissances , souvent extrêmement pertinentes et précises, aident les scientifiques dans leur travail de recherche. Lorsque nous avons commencé nos travaux d‘investigation il y a trois ans, nous avons été surpris par le nombre de plantes utilisées par les populations locales ayant fait l’objet de brevets. Ces brevets sont le plus souvent peu innovants en comparaison des savoirs existants.

 

 

Ce phénomène ancien mais peu connu s’appelle la biopiraterie. Il y a biopiraterie quand des chercheurs utilisent des plantes et les connaissances des peuples autochtones sans les informer, sans leur accord préalable et sans contrepartie. Sa forme la plus extrême consiste à déposer un brevet lié à la plante ou à la connaissance . Le dépôt de brevet  fait  entrer la plante et/ou la connaissance dans le registre de la propriété privée créant de fait un monopole d'exploitation au profit exclusif du laboratoire détendeur du brevet et excluant les peuples à l’origine de ce savoir.

A la création d’Aïny, j’ai voulu que nous soyons fiers des produits que nous faisions. Cette fierté passe par la recherche constante de la meilleure qualité des plantes et des formules, par la réduction de notre impact sur l’environnement et la recherche de la plus grande équité possible dans nos relations avec les peuples autochtones. La biopiraterie est un sujet qui déclenche incompréhension et colère dans les communautés avec lesquelles nous travaillons.

Proposer des alternatives à la biopiraterie est devenu aussi important pour nous que trouver de nouveaux principes actifs et ou des textures cosmétiques innovantes.

Nous vous ferons prochainement découvrir les alternatives que nous avons mises en place.

 

Crédit photo: Daniel Silva

 

 

Mots-clés : brevet, savoirs traditionnels, réciprocité, biopiraterie

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